mais des débats à mener sans stigmatiser les salariés
Avec 515 000 ruptures conventionnelles recensées en 2024, le dispositif confirme son ancrage durable dans le paysage du travail en France.
Les chiffres publiés par la Dares montrent clairement que la rupture conventionnelle est devenue un mode de séparation largement utilisé, tant par les salariés que par les employeurs.
Face à ce constat, le débat relancé par le gouvernement sur le coût du dispositif et son impact sur les finances de l’assurance chômage mérite d’être mené avec sérieux, nuance et responsabilité.
Un outil choisi, pas un détournement du système
La rupture conventionnelle n’est ni un abus ni une facilité.
Elle repose sur un accord mutuel, encadré juridiquement, qui permet d’éviter des situations de blocage, de conflit ou de licenciement subi.
Pour de nombreux salariés, elle constitue une issue équilibrée lorsque :
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un projet professionnel évolue,
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un poste ne correspond plus,
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les conditions de travail se dégradent.
Rappeler que les ruptures conventionnelles représentent 21 % des dépenses d’allocations chômage, soit environ 9 milliards d’euros, ne doit pas conduire à faire porter la responsabilité sur les salariés.
Les chiffres montrent d’ailleurs que les démissions restent largement majoritaires, avec près de 1,9 million de cas en 2024, loin devant les ruptures conventionnelles.
Attention aux raccourcis et à la stigmatisation
À la CFTC UD Paris, nous alertons sur les discours qui tendent à mettre en cause l’engagement des demandeurs d’emploi ou à laisser entendre que les salariés ne feraient pas suffisamment d’efforts pour retrouver un travail.
Ces raccourcis sont :
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injustes,
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déconnectés des réalités du marché du travail,
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éloignés des parcours professionnels actuels, souvent discontinus.
Ils ignorent notamment les reconversions nécessaires et les secteurs en tension.
La question du coût ne peut être abordée sans s’interroger sur :
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la qualité de l’emploi proposé,
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les conditions de travail,
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la prévention des risques professionnels,
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l’accompagnement des transitions et des reconversions.
Un dialogue social indispensable
La CFTC défend un dialogue social loyal et constructif, loin des postures accusatoires.
Si des évolutions du dispositif doivent être envisagées, elles doivent se faire :
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avec les partenaires sociaux,
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dans le respect des salariés,
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sans remettre en cause un outil qui a permis, depuis sa création, d’apaiser de nombreuses situations professionnelles.
Pour la CFTC UD Paris, l’enjeu est clair :
préserver les droits des salariés, sécuriser les parcours professionnels et garantir que les politiques publiques de l’emploi reposent sur des faits, et non sur des stéréotypes.