Une technologie déjà installée dans le quotidien professionnel
L’intelligence artificielle n’est plus une promesse lointaine. Elle est déjà là. Recrutement automatisé, outils d’aide à la rédaction, analyse de données, gestion des plannings, surveillance de la performance.
Souvent sans débat, parfois sans information claire, l’IA s’installe dans les entreprises et transforme en profondeur les manières de travailler.
Pour beaucoup de salariés, cette évolution est invisible mais bien réelle. Les décisions semblent plus rapides, les process plus fluides, mais aussi plus opaques. Derrière l’efficacité affichée, une question s’impose : qui contrôle réellement ces outils et dans quel objectif ?
Entre opportunités et inquiétudes légitimes
L’IA peut alléger certaines tâches répétitives, améliorer l’organisation du travail et libérer du temps pour des missions à plus forte valeur ajoutée.
Mais elle soulève aussi de profondes inquiétudes : peur de la substitution, intensification du rythme, évaluation permanente, perte d’autonomie.
De nombreux salariés ont le sentiment que la technologie avance plus vite que le cadre social qui devrait l’accompagner.
Ils ne refusent pas l’innovation, mais demandent à comprendre son impact sur leur métier, leur avenir et leurs conditions de travail.
La CFTC UD Paris observe que ces interrogations reviennent de plus en plus souvent dans les échanges avec les salariés : l’IA fascine autant qu’elle inquiète, précisément parce qu’elle transforme sans toujours expliquer.
Quand l’algorithme devient décideur
L’un des enjeux majeurs réside dans l’usage décisionnel de l’IA.
Quand un algorithme trie des candidatures, priorise des tâches, évalue des performances ou influence une évolution de carrière, la question de la transparence devient centrale.
Qui définit les critères ?
Quels biais sont intégrés dans les systèmes ?
Comment un salarié peut-il contester une décision prise ou suggérée par une machine ?
Sans garde-fous, l’outil peut devenir un facteur de déshumanisation du travail, réduisant l’individu à des données, des scores ou des probabilités.
Le besoin urgent d’un cadre collectif
L’actualité sociale le montre : l’IA ne peut pas être laissée aux seules mains de la technique ou de la direction.
Elle doit être discutée, encadrée, expliquée. Le dialogue social est plus que jamais indispensable pour définir des règles claires :
– information des salariés sur les outils utilisés ;
– formation pour comprendre et maîtriser l’IA ;
– limites sur la surveillance et l’évaluation automatisée ;
– maintien d’une décision humaine finale.
La CFTC UD Paris défend une approche équilibrée : l’innovation oui, mais jamais au détriment de la dignité, de la transparence et du respect des salariés.
Former plutôt que subir
L’un des risques majeurs de l’IA est la création d’une fracture entre ceux qui comprennent les outils et ceux qui les subissent.
Sans accompagnement, certains salariés peuvent se sentir dépassés, dévalorisés ou mis à l’écart.
Former, expliquer, rassurer, donner des clés de compréhension devient un enjeu social central.
L’IA ne doit pas être vécue comme une menace silencieuse, mais comme un outil que l’on peut questionner, maîtriser et encadrer collectivement.
Remettre l’humain au centre de la transformation
L’intelligence artificielle pose une question fondamentale : quelle place voulons-nous donner à l’humain dans le travail de demain ?
La performance ne peut pas être uniquement algorithmique. Elle doit rester sociale, collective et humaine.
À travers ses actions, la CFTC UD Paris s’engage pour que l’IA soit un levier de progrès partagé, et non une nouvelle source d’inégalités ou de tensions.
Le futur du travail ne se construira pas uniquement avec des lignes de code, mais avec des choix politiques, sociaux et humains assumés.

