Des compétences qui s’effacent en silence
Dans de nombreuses entreprises, le constat est le même : des compétences s’en vont, parfois sans bruit.
Un départ à la retraite, une mobilité interne, un changement d’organisation…
et avec eux disparaissent des années d’expérience, de gestes maîtrisés, de réflexes acquis sur le terrain.
Cette perte invisible fragilise les collectifs.
Car le savoir-faire ne se résume pas à une fiche de poste ou à un tutoriel.
Il se transmet dans l’échange, l’observation, le temps partagé.
Le mythe de la transmission automatique
On suppose souvent que le savoir circule naturellement.
En réalité, la transmission demande du temps, de la reconnaissance et un cadre clair.
Or, dans des organisations sous tension, ce temps fait défaut.
Les salariés expérimentés sont sollicités jusqu’au dernier jour,
les nouveaux doivent être opérationnels immédiatement.
Résultat :
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une rupture silencieuse entre générations
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une pression accrue sur les nouveaux arrivants
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un apprentissage accéléré, souvent solitaire
L’expérience, une richesse sous-estimée
L’expérience n’est pas une nostalgie du passé.
C’est une ressource stratégique.
Elle permet :
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d’éviter les erreurs
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de gagner en efficacité
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de transmettre des repères
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de donner du sens au travail collectif
Lorsqu’elle n’est pas reconnue, les salariés expérimentés peuvent se sentir mis de côté,
tandis que les plus jeunes se retrouvent livrés à eux-mêmes.
La CFTC UD Paris observe cette réalité sur le terrain :
la transmission est souvent évoquée, mais rarement organisée.
Pourtant, elle conditionne la qualité du travail et la pérennité des compétences.
Transmettre, c’est reconnaître
Mettre en place :
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du tutorat
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des temps de compagnonnage
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des binômes intergénérationnels
ce n’est pas un luxe, mais un choix structurant.
C’est reconnaître que le travail se construit dans la durée
et que chaque parcours professionnel a une valeur.
À travers le dialogue social, la CFTC UD Paris défend une approche humaine de la transmission :
un temps dédié, reconnu, intégré pleinement à l’organisation du travail.
Préserver le savoir pour avancer
Transmettre, ce n’est pas ralentir l’entreprise.
C’est lui permettre d’avancer sans perdre ce qui fait sa solidité.
Dans un monde du travail en mutation permanente,
préserver et partager le savoir est un acte de responsabilité collective.

