Quand le calme apparent masque autre chose
Dans les entreprises, le silence est souvent interprété comme un signe de calme ou d’adhésion.
Les réunions se déroulent sans débat, les décisions passent sans contestation, les échanges restent polis.
En apparence, tout semble aller bien.
Mais derrière ce silence peut se cacher une réalité plus complexe.
Se taire au travail n’est pas toujours un choix.
C’est parfois une stratégie de protection, une fatigue accumulée ou le sentiment que la parole ne sera ni entendue, ni utile.
Le silence à l’ère du télétravail
Avec le développement du télétravail, le silence a changé de nature.
Il n’est plus seulement physique, il est aussi numérique.
Dans les réunions à distance, les micros restent coupés, les caméras éteintes.
Les échanges se limitent souvent à quelques interventions, tandis que beaucoup écoutent sans jamais prendre la parole.
Ce silence est trompeur.
Il peut donner l’illusion d’un accord collectif, alors qu’il traduit parfois un désengagement progressif ou une difficulté croissante à s’exprimer à distance.
Quand parler devient plus difficile derrière un écran
À distance, la parole demande davantage d’effort.
Il faut oser interrompre, activer son micro, « prendre sa place ».
Certains salariés expliquent se sentir moins légitimes à s’exprimer en visioconférence,
notamment lorsque les échanges sont rapides ou très hiérarchisés.
L’enchaînement des réunions virtuelles accentue ce phénomène :
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la fatigue s’installe
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le temps de parole se réduit
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l’écoute se fragmente
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la discussion cède la place à une simple transmission d’informations
Le coût invisible du non-dit
Un collectif qui ne parle plus est un collectif qui s’érode.
Les tensions s’accumulent, les incompréhensions grandissent, et le malaise finit par s’exprimer autrement :
démotivation, absentéisme, départs silencieux.
Le non-dit a un coût réel, humain comme professionnel.
Il empêche l’amélioration des conditions de travail et fragilise la confiance entre salariés et direction.
La CFTC UD Paris observe régulièrement que, derrière des situations de mal-être,
un point commun revient souvent : l’absence d’espaces où la parole peut circuler librement,
en présentiel comme à distance.
Redonner une place à la parole
Créer un espace de parole ne se résume pas à organiser une réunion, physique ou virtuelle.
Cela suppose une culture où :
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l’écoute est réelle
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la contradiction est acceptée
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la parole n’entraîne pas de représailles, même implicites
Le dialogue social joue ici un rôle central.
Les représentants de la CFTC UD Paris accompagnent les salariés pour que leur voix soit entendue, relayée et prise en compte, y compris dans des organisations de plus en plus hybrides.
Parler, une condition du collectif
Parler de son travail, de ses difficultés comme de ses réussites, n’est pas un luxe.
C’est une condition essentielle pour construire des collectifs plus justes, plus solides et plus humains.

