Ce que les indicateurs ne mesurent pas
Dans le monde du travail, tout ne se mesure pas en tableaux de bord, en indicateurs de performance ou en objectifs chiffrés.
Une grande partie de l’activité quotidienne repose sur un travail discret, souvent non reconnu, parfois totalement invisible, mais pourtant indispensable au bon fonctionnement des équipes et des organisations.
À la CFTC UD Paris, ces réalités remontent régulièrement par les salariés accompagnés, tous secteurs confondus.
Derrière des situations individuelles, un constat revient souvent : ce qui fait tenir le collectif n’est pas toujours ce qui est reconnu.
Un travail qui ne se voit pas, mais qui fait tenir le collectif
Écouter un collègue en difficulté, apaiser une tension, reformuler une consigne mal comprise, accueillir un nouvel arrivant, faire le lien entre deux services.
Ces actions ne figurent dans aucune fiche de poste, ne donnent lieu à aucune prime et sont rarement mentionnées lors des entretiens annuels.
Pourtant, sans elles, les dysfonctionnements s’accumulent et les conflits s’installent.
Sur le terrain, la CFTC UD Paris constate que ce travail invisible est souvent assumé spontanément, par sens des responsabilités ou par souci du collectif.
Il repose sur l’engagement humain, l’intelligence relationnelle et l’expérience, des dimensions essentielles au bon fonctionnement des équipes.
Une charge inégalement répartie
Ce type de tâches est loin d’être réparti équitablement.
Il est très souvent assumé par les mêmes personnes :
celles qui « savent gérer », qui « comprennent », qui « font attention aux autres ».
Avec le temps, cette accumulation crée une charge mentale réelle, parfois épuisante, sans reconnaissance formelle.
Dans les échanges avec la CFTC UD Paris, de nombreux salariés expriment ce sentiment d’injustice :
certains sont évalués uniquement sur leurs résultats visibles, tandis que d’autres portent, en plus, la stabilité humaine de l’équipe.
Quand l’invisible devient un facteur d’usure
À force de ne pas être reconnu, ce travail finit par peser.
Il peut conduire à une fatigue morale, une perte de motivation, voire un désengagement progressif.
Le paradoxe est frappant :
ceux qui contribuent le plus au climat de travail sont souvent ceux qui se sentent le moins considérés.
La CFTC UD Paris alerte régulièrement sur ces situations, car elles fragilisent les salariés concernés et dégradent durablement les collectifs de travail.
Reconnaître autrement la valeur du travail
Reconnaître le travail invisible ne signifie pas tout quantifier, mais apprendre à en parler.
Cela suppose :
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une culture managériale plus attentive
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de véritables espaces de discussion
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une prise en compte réelle des dimensions humaines du travail
C’est précisément sur ces enjeux que la CFTC UD Paris accompagne les salariés et les représentants du personnel :
faire émerger la parole, rendre visibles les réalités du travail et défendre une approche plus humaine de la performance.
Redonner de la visibilité à ce qui compte vraiment
À l’heure où le travail se transforme, où les collectifs se fragilisent et les repères se bousculent,
reconnaître le travail invisible devient un enjeu central.
Pour la CFTC UD Paris, c’est une condition essentielle pour préserver la santé des salariés,
renforcer la solidarité et construire des environnements de travail plus justes et plus durables.
Parce que ce qui ne se voit pas est souvent ce qui compte le plus.

