Carburant : jusqu'à 200 € d'aide de l'État, et une date à ne pas rater

25/09/2026


Avec la crise au Moyen-Orient, les prix à la pompe restent élevés. Le 22 septembre, le gouvernement a annoncé un nouveau train de mesures : une aide « grands rouleurs » doublée pour la fin d'année et ouverte à davantage de salariés, et un plafond relevé pour la prime carburant versée par l'employeur. L'UD CFTC de Paris fait le point sur ce qui vous concerne, à commencer par une échéance toute proche : le 30 septembre.

Avant le 30 septembre : réclamez vos 100 €

L'aide « grands rouleurs » de 100 €, qui couvre la période d'avril à septembre, peut encore être demandée jusqu'au 30 septembre inclus. Passé cette date, il sera trop tard.

Elle s'adresse aux salariés et aux indépendants aux revenus modestes qui utilisent leur véhicule personnel pour travailler. Les principales conditions :

  • parcourir plus de 15 km par trajet entre domicile et travail, ou plus de 8 000 km par an pour le travail ;

  • rouler avec un véhicule thermique ou hybride non rechargeable (les voitures électriques et les véhicules de fonction ou de service sont exclus) ;

  • avoir un revenu fiscal de référence 2024 inférieur ou égal à 16 880 € par part, soit 1 508 € nets par mois pour une personne seule.

La demande se fait sur impots.gouv.fr. Un simulateur vérifie d'abord votre éligibilité, puis un formulaire vous demande notamment votre numéro fiscal, l'immatriculation et la carte grise du véhicule. Le versement intervient une dizaine de jours après validation, sur le compte bancaire connu de l'administration fiscale.

Autre bonne raison de ne pas attendre : si vous touchez cette première aide, la suivante vous sera versée automatiquement.

D'octobre à décembre : une aide doublée, plus de bénéficiaires

Pour le dernier trimestre, l'aide est reconduite et renforcée : 100 € pour trois mois, contre 100 € pour six mois jusqu'ici, soit l'équivalent de 40 centimes par litre au lieu de 20.

Les plafonds de revenus sont eux aussi relevés : un peu plus de 2 000 € nets par mois pour une personne seule, 6 100 € pour un couple avec deux enfants. D'après le gouvernement, 5,5 millions de personnes pourront en profiter, contre 3 millions jusqu'à présent.

Vous avez déjà touché l'aide cette année ? Vous n'avez aucune démarche à faire. Vous devenez éligible avec les nouveaux plafonds ? Un guichet doit ouvrir en octobre sur impots.gouv.fr.

Prime carburant : jusqu'à 1 000 €, mais rien d'automatique

L'employeur peut aussi verser une prime carburant aux salariés qui prennent leur voiture pour venir travailler. Elle échappe à l'impôt et aux cotisations sociales dans la limite d'un plafond : 300 € en début d'année, 600 € depuis juin, puis 1 000 € par an selon l'annonce du 22 septembre. Son versement est par ailleurs simplifié : pas de justificatif à fournir, pas de condition liée au lieu de résidence ou à l'existence de transports en commun, pas de restriction de cumul avec d'autres primes.

Attention toutefois à deux points. Le passage à 1 000 € doit encore être inscrit dans un texte officiel : en attendant, c'est le plafond de 600 € qui s'applique. Surtout, cette prime n'a rien d'obligatoire. Le Code du travail prévoit qu'elle soit instaurée par accord collectif ou, à défaut, par décision de l'employeur après consultation du CSE lorsqu'il existe. Si personne ne la demande, elle a peu de chances d'apparaître sur la fiche de paie.

La position de l'UD CFTC de Paris

Pour l'UD CFTC de Paris, ces mesures sont bienvenues mais restent insuffisantes.
Il y a une tension sociale qui monte
. Beaucoup de salariés qui travaillent à Paris n'ont pas d'autre choix que la voiture : prise de poste avant le premier métro, fin de service après le dernier RER, domicile en grande couronne mal desservi. Pour eux, chaque plein compte.

Mais ces aides restent temporaires, et la prime carburant dépend entièrement du bon vouloir de l'employeur. À trajet égal, deux salariés pourront être traités très différemment selon leur entreprise. Une aide ponctuelle ne remplace pas une vraie négociation sur les salaires.

L'UD CFTC de Paris invite donc les délégués syndicaux et les élus CSE à mettre la prime carburant sur la table dès maintenant, sans attendre les prochaines NAO. Elle encourage aussi chaque salarié concerné à vérifier son éligibilité à l'aide « grands rouleurs » avant le 30 septembre.

À noter : le chèque énergie (de 48 € à 277 € selon les ménages) sera versé dès janvier 2027, au lieu d'avril.

Une question sur ces aides ou sur la mise en place d'une prime carburant dans votre entreprise ? Contactez l'UD CFTC de Paris.